La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, le 15 février 2026 lors de la Conférence de Munich sur la sécurité ( AFP / THOMAS KIENZLE )
La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a rejeté dimanche les propos de responsables américains tendant à dénigrer l'UE, tout en saluant le changement de ton du secrétaire d'Etat Marco Rubio.
"A chaque fois que j'entends ce dénigrement anti-européen, qui est très à la mode en ce moment, je pense à tout ce que l'Europe nous a apporté", a déclaré la responsable, au dernier jour de la Conférence de Munich sur la sécurité.
"Contrairement à ce que diraient certains, l'Europe n'est pas décadente et woke, et menacée d'un effacement civilisationnel", a-t-elle insisté, une allusion aux critiques en règle du président américain Donald Trump qui estime que l'Europe est menacée, comme les Etats-Unis, par une immigration de masse.
Le Secrétaire d'Etat Marco Rubio avait rassuré samedi ses alliés transatlantiques en affirmant que les Etats-Unis souhaitaient une "alliance revigorée" avec l'Europe, tout en relayant ces critiques du président américain.
"Le message que nous avons entendu est que l'Amérique et l'Europe sont liées, par le passé comme dans l'avenir, et je pense que c'est important", a souligné Kaja Kallas. "Il est clair cependant que nous ne sommes pas d'accord sur tout, et cela va continuer".
La responsable de la diplomatie européenne a par ailleurs prôné la fermeté face à la Russie dans les négociations visant à mettre fin au conflit en Ukraine, insistant sur la nécessité d'arracher des concessions à Moscou.
"La plus grande menace que pose désormais la Russie est qu'elle obtienne plus de choses à la table des négociations que sur le champ de bataille", a-t-elle estimé, appelant notamment à limiter la taille de son armée, à l'obliger à payer pour les destructions commises, et à s'assurer qu'elle rende compte de ses crimes de guerre.
Le ministre français chargé de l'Europe Benjamin Haddad a lui appelé ses pairs à se concentrer sur le renforcement de l'UE, plutôt que sur les discours des Américains.
"Concentrons nous sur ce que nous pouvons contrôler, sur notre réarmement, sur le soutien à l'Ukraine et sur la menace que la Russie représente pour nos démocraties", a-t-il argumenté.

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